Le Qatar bénéficie de la plus forte croissance économique de la région (14,8% en 2007). Le PIB est évalué à 73 milliards de $ en 2007 et l’émirat dispose de l’un des revenus par habitant les plus élevés au monde, avec 73.900$ en 2007.
L’économie qatarienne est fondée sur une bonne gestion de l’exploitation des ressources en hydrocarbures et sur une diversification des productions. Producteur de pétrole de taille moyenne (1000 Mb/jour en 2007), le Qatar a réalisé d’importants investissements pour la mise en valeur de ses ressources en gaz naturel. Il mise sur l’exploitation du gisement de gaz naturel du North Field, plus grand réservoir de gaz naturel du monde (6000 km2), qu’il partage avec l’Iran, et pourrait devenir à court terme le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) et le second exportateur de gaz naturel après la Russie. Le Qatar détient les troisièmes réserves de gaz du monde après la Russie et l’Iran, estimées à plus de 25 000 Mdm3 (250 ans d’exploitation, 15,7% des réserves mondiales). Deux sociétés, "Qatargas" et "Rasgas", ont été créées à cet effet. La production de gaz naturel liquéfié, qui a atteint 30 millions de tonnes en 2007, devrait, selon les prévisions, s’élever à 77 millions de tonnes en 2012, soit 30% de la production mondiale.

Plusieurs grands projets industriels ont été lancés au cours des derniers mois : le plus grand complexe de liquéfaction de gaz naturel au monde (usines RasGas3 et RasGas4), le plus grand craqueur d’éthane au monde, ainsi que la construction du complexe pétrochimique Qatofin. Le site de Ras Lafan, au nord de la péninsule, concentre l’essentiel des installations de liquéfaction.
Par ailleurs, le Qatar s’est lancé dans le développement d’une filière GTL (« Gas to Liquids ») ; technique consistant à transformer des composés carbonés -comme le charbon ou le gaz naturel- en produits pétroliers). Le Qatar ambitionne de devenir le plus gros producteur de GTL au monde au cours des prochaines années.
La montée en puissance du programme gazier devrait soutenir de façon durable l’augmentation du PIB au cours des prochaines années. L’émirat connaît depuis quelques années une période particulièrement faste, avec de considérables excédents financiers (fin des pics de remboursement, mise en oeuvre des grands contrats d’exportation de gaz et de produits raffinés, hausse du prix de vente des hydrocarbures). L’excédent budgétaire s’élèverait ainsi à environ 1,8 milliards de dollars pour l’exercice 2007/2008.
L’essentiel de la production de gaz est exporté sous forme liquide par méthaniers, ce qui permet au Qatar, placé à équidistance des marchés européens et asiatiques de pouvoir diversifier ses partenaires commerciaux. Le Qatar se positionne en fournisseur d’ajustement du marché gazier mondial, ce qui lui offre une importance stratégique certaine alors que la consommation mondiale de gaz tend à croître rapidement.
La dépendance à l’égard du gaz et, dans une moindre mesure, du pétrole, a incité les autorités qatariennes à s’orienter vers une diversification de l’économie. A partir de son potentiel en gaz, l’émir veut développer un ambitieux programme d’industrialisation, notamment dans les domaines de la liquéfaction et de la pétrochimie. Un important projet est également en cours dans le domaine de la production d’aluminium (dans le cadre d’une co-entreprise entre Qatar Petroleum et une filiale de Norsk Hydro) sur le site industriel de Messaied, où se trouve déjà une aciérie.
Les autorités qatariennes souhaitent développer le tourisme (capacité hôtelière en forte augmentation, construction de l’île artificielle de « Pearl Island »).

Un nouvel aéroport doit ouvrir en 2009, de même qu’un nouveau port, adossé à une zone franche, en 2010. Un pont-digue de 40 km est en projet entre le Qatar et le Bahreïn.
Le Qatar s’efforce de gérer de manière rationnelle ses excédents financiers considérables en plaçant une partie de ses actifs à l’étranger au travers de la Qatar Investment Authority (Agence publique d’investissement).
Dans le même esprit, le développement du pays touche également le secteur éducatif et de la recherche, en particulier au travers de la Cité de l’éducation, projet destiné à créer un pôle régional de formation universitaire de haut niveau en réunissant, moyennant une forte implication financière du Qatar, des filiales d’universités de renommée internationale. Ce projet est promu par la Fondation du Qatar, également à l’origine du parc pour les sciences et la technologie (QSTP) qui a pour vocation de favoriser l’implantation d’entreprises actives dans le domaine de la recherche (Total, EADS, Exxon-Mobil, Microsoft...).
Seule ombre au tableau, compte tenu de sa situation de surchauffe, l’économie qatarienne connaît des tensions inflationnistes avec une hausse des prix estimée officiellement à 13,8% en 2007.
